Pascal Louvrier, FlashBackTour

Pour atteindre l’inaccessible étoile, il fallait écrire à la manière dont vivait Johnny. C’est ainsi que Pascal Louvrier publie Johnny, que je t’aime aux éditions Praxys. Tout commence en 1943. Ensuite, on improvise.

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« Le rocker adore se glisser dans la peau de ce bad boy qui n’a d’autre loi que celle de l’amour absolu. » Aurait-on pu trouver de plus justes paroles pour cerner l’insondable ? N’importe quel biographe aurait pu penser cette phrase, mais aucun pour l’écrire. Il fallait la plume d’un homme qui lui ressemble, l’élégance d’un mélomane que le rock’n roll a gaillardisé. Il fallait un peu de nostalgie, un peu d’à-priori, beaucoup de patience et une certaine compassion. De la faim, surtout. Johnny s’écrit avec les tripes. S’il y a de la retenue, il n’y a rien. Pascal Louvrier l’a immédiatement compris.

Hymne à l’amour

On esquisse un sourire, on retient ses larmes. C’est de la dynamite. Il y a de l’audace et de l’humilité chez cet auteur qui nous bouleversent. Son écriture est rythmée, déchirante, c’est du rock’n roll. Plus on met de temps à le lire, plus on s’en imprègne. Alors, bloqué sur le quai d’une gare entre deux chapitres, on se repasse la playlist en fronçant les sourcils : Pense à moi. Ça fait presque transpirer. C’est violent. C’est la force de Johnny, c’est le talent de Pascal Louvrier. Puis la musique change : M’Arrêter là… On passe du bon rock au coup de blues. Johnny semble blessé. Alors on l’est aussi.

« Chanter l’amour, la folie de l’amour, l’amour à mort, la violence de la vie, la crainte de l’ennui, le besoin de la démesure perpétuelle, la peur d’être abandonné sur une scène où traînent les flat cases, et tant d’autres thèmes qui parlent à ses fans, et à tous les autres, voilà, c’est ça, Johnny. »

C’est ça, Pascal. Sauf que lui, il ne chante pas (quoique ?). On retrouve tout de la figure de Johnny. C’est une rencontre frontale à la manière de Luchini dans « Jean-Philippe », lorsqu’il se retrouve nez-à-nez avec l’idole des jeunes. C’est d’ailleurs comme ça que le livre commence.

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Pascal Louvrier promet une histoire différente des autres. Une histoire dans laquelle Johnny semble se raconter lui-même. L’épopée d’un homme qui nous demeure si familier. Un roman dont on connaît l’aboutissement, mais à la fin duquel on en avait oublié l’asthénie. On oublie vite lorsqu’on y croit pas. Car tant qu’on aime, tant qu’on en rêve, rester vivant

L’auteur achève son livre et son lecteur en les laissant en suspend. Le coeur en fièvre et le corps démoli, on ferme les yeux quelques instants. Le point final est un supplice.

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Un soir de juin 1956, Jean-Philippe Smet monte sur scène en première partie du spectacle des Halliday’s. Il ne le sait pas encore, mais ce sera le début d’une longue et extraordinaire carrière.

Maud PROTAT-KOFFLER

 

 

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